Madagascar: dans l’impasse depuis plus de 3 ans, un appauvrissement massif

Qui est le problème de ce pays? Ou quel est le problème de ce pays?
Le blog qui se spécialise sur les actus de Madagascar et du monde entier, ne peut pas rester les yeux fermés et ne pas parler de la crise socio-politico-économique qui frappe le pays depuis trop longtemps, bientôt quatre ans. Un article qui relate très bien les faits que vit la population malagasy existe et c’est paru sur le quotidien Le Monde. Nous allons également diffuser cet article du 03 Août 2012 en bien mentionnant la source qu’est LeMonde.fr.

Corruption, insécurité et inflation : les répercussions de la crise politique dans le quotidien des Malgaches

Pour LeMonde.fr, des Malagasy dressent un constat alarmant de la situation de leur île.

– « Aucune promesse n’a été tenue », par Rakotoarinia R.

Aucune promesse n’a été tenue, si ce n’est un changement radical de régime. Radical de manière négative, car des dizaines de milliers d’emplois ont été perdus, une grande partie de la classe moyenne s’étant profondément appauvrie. Une armée sujette à de nombreuses mutineries (2009, 2010, 2011, et tout récemment, la mutinerie « auto-orchestrée » de juillet 2012). Auparavant « bon élève de la banque mondiale et du FMI », et bénéficiant de nombreuses aides au développement, Madagascar est devenue en trois ans, l’un des 3 pays les plus pauvres du monde. Le journalisme est devenu une activité à risque, lorsqu’il est question de critiquer les promesses non tenues du régime en place (délestage de matériel audiovisuel). Il y a encore beaucoup de choses à dire, car ce régime anticonstitutionnel qui dure depuis près de quatre ans a causé le plus grand nombre de mécontents chez les Malgaches.

– Une chute de tous les indicateurs, par Andrianirina, doctorant en science politique à Antananarivo

Andry Rajoelina avait manipulé trois thèmes populistes pour justifier son coup d’État : la lutte pour la démocratie, le combat pour la bonne gouvernance et la revendication d’une liberté d’entreprendre. Au premier trimestre 2009, ces promesses avaient séduit une frange de la population. Mais trois ans et demi après, les chiffres et les faits attestent de la désillusion, du moins pour ceux qui avaient eu la naïveté de croire en ces promesses. Depuis 2009, Madagascar a chuté dans tous les indicateurs relatifs au développement et à la démocratie. Les journaux font régulièrement état de cas de banditisme impliquant des membres des forces de l’ordre, de tentatives d’extorsion de fonds ou de l’explosion du trafic de bois précieux.

La corruption et l’insécurité sont en croissance exponentielle, l’indiscipline prend racine dans l’armée et l’incivisme dans la population. Depuis le début de la crise, 900 000 enfants sont déscolarisés (Unicef), 336 000 emplois directs ont été perdus (BIT), et 56 % de la population vit sous le seuil de pauvreté extrême (Banque mondiale). Derrière ces chiffres impersonnels, ce sont des difficultés quotidiennes pour de plus en plus de Malgaches, qui ont de plus en plus de mal à payer leurs loyers, rembourser leurs prêts bancaires, se soigner correctement, manger plus d’une fois par jour ou envoyer leurs enfants à l’école. Un documentaire aligne des témoignages recueillis dans tout le pays.

– Inflation dans tous les secteurs, par Tsikoto

Franchement, ma vie se détériore, car l’inflation se fait sentir dans tous les secteurs, à savoir le prix des produits de première nécessité (PPN). De plus, le prix du carburant qui va encore augmenter ce mois-ci aura une lourde conséquence sur la vie des Malgaches. Au sein de la société où je travaille, on m’annonce la restriction budgétaire, car l’entreprise est en difficulté et les salariés qui ne respectent pas les consignes seraient au chômage. (…)

– Un appauvrissement massif, par Stéphane A.

Je suis né à Madagascar et comme beaucoup, je l’ai quitté après l’une des nombreuses crises. Installé à La Réunion, j’y effectue plusieurs séjours par an, tout en gardant du recul. La première constatation est un appauvrissement massif depuis trois ans. Les rues sont envahies de marchands ambulants, des familles entières, qui travaillaient auparavant dans les usines textiles fermées avec la crise. La mendicité est redevenue omniprésente. Les bâtiments publics, routes et transports collectifs tombent dans un état pitoyable. La corruption est partout, alors qu’elle s’était raréfiée avant le coup d’État. A la douane, lors des contrôles routiers, lors des demandes de documents administratifs, à l’hôpital… C’est redevenu la normalité.

L’insécurité est permanente. Les récits de cambriolage par des groupes lourdement armés sont quotidiens et la nuit, les maisons sont totalement barricadées. Sous Ravalomanana, la situation n’était pas extraordinaire et il est devenu un prédateur économique lors de son deuxième mandat. Cependant, à tout prendre, la situation des Malgaches était la meilleure en cinquante ans d’indépendance : jamais autant de routes n’ont été réhabilitées, de centre de santé, construits, d’enfants, scolarisés. Des guichets fonciers ont été installés dans chaque village pour sécuriser les terres et les récoltes des paysans. L’armée a été affectée à des travaux de développement et de lutte anti-acridienne… Finalement, un paradis relatif, quand on connaît l’enfer actuel.

– Une société à la dérive, par Hery Frédéric R.

Depuis 2009, je vis entre Madagascar et la France, où je réside habituellement. Cependant, je passe, pour des raisons professionnelles, plusieurs jours par mois à Madagascar. Mon premier constat est qu’au cours de ces trois années, la corruption a connu un bond phénoménal. Les organismes de lutte contre la corruption – Bianco (Bureau indépendant anticorruption), Samifin et le parquet – ont cessé de faire peur. Pis, certaines personnes, sanctionnées sous l’ancien régime, ont été récupérées, après avoir fait allégeance au nouveau, ce qui supprime tout effet dissuasif de la peine. Les services administratifs ont également vu s’évanouir leurs fonds de fonctionnement. Aussi, l’usager qui veut voir son dossier avancer est-il obligé de mettre beaucoup « d’huile » dans les rouages. Beaucoup plus qu’auparavant.

Mon deuxième constat est la fragilisation à grande vitesse des liens sociaux. De nombreuses entreprises ont fermé. Il ne se passe pas un mois sans qu’on entende que tel ou tel proche a perdu son emploi. Solidarité familiale oblige, les siens ne sont pas laissés à leur triste sort. Mais cette solidarité est en train de franchir ses limites économiques. […]

– Un « président » jamais élu, par Nirin

J’ai vécu le temps de Ratsiraka, Zafy Albert, Ravalomanana et maintenant Andry Rajoelina. Vous me pardonnez, mais je n’appellerai jamais ce dernier « président », puisque personne ne l’a élu. (…) Depuis 2009, Madagascar vit dans l’anarchie totale. le peuple s’appauvrit de jour en jour, les dahalos [voleurs de bétail] n’arrêtent pas de faire mal à nos paysans là-bas dans nos brousses, tandis que les « militaires » sont restés à Tana pour semer la répression au cas où les opposants du pouvoir oseraient sortir dans la rue pour faire entendre leur voix. Andry Rajoelina a bluffé tout le monde (ses partisans) en 2009 en disant qu’il allait délivrer les Malagasy de la dictature (s’il y en avait), qu’il allait suivre de près le prix des PPN et que tout le monde allait pouvoir acheter l’huile à 2 500 ariarys le litre, le riz à 500 ariarys le kilo et tant d’autres encore… Actuellement, rien de tout ça n’a été fait. (…)

Pour lire les suites, rendez vous sur l’article source:

Corruption, insécurité et inflation : les répercussions de la crise politique dans le quotidien des Malgaches

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