Journalistes: garder le secret professionnel et …

Sous quelle République et quel régime au pouvoir les journalistes malgaches pourront-ils espérer vivre dans la vraie liberté de la presse et satisfaire au droit du public et du contribuable à être informé ?

Le septième devoir de la charte de Munich n’a nul doute plus besoin d’être expliqué : « Garder le secret professionnel et ne pas divulguer la source des informations obtenues confidentiellement ». A titre d’information, la Charte de Munich (ou Déclaration des devoirs et des droits des journalistes) a été signée le 24 novembre 1971 à Munich et discute notamment de l’éthique des journalistes, en distinguant dix devoirs et cinq droits. Cette charte est en quelque sorte ce qu’est la Bible aux chrétiens pour toutes personnes convaincues que le métier de journalisme est un sacerdoce et l’exercent comme sa sainte vocation. D’ailleurs, c’est de cette charte de Munich que nos doyens se sont inspirés pour l’élaboration de notre fameux Code de la Communication.

Dans l’édition N°0630 du « Courier » en date du 20 septembre 2011, dans les pages 1,2 et 5, ont étés publiées des copies de documents officiels et authentiques : les BE du parquet général concernant les mandats d’arrêt contre Marc Ravalomanana portant respectivement les N°102/10-Anta et N° 178/10-Anta ainsi que le BE N°359-SEG/4-CAB du 1/09/11 relatif au même mandat d’arrêt. Ce qui n’a rien d’extraordinaire dans le métier de journalisme car notre rôle est avant tout d’informer.

Le journaliste n’est pas un policier ni un délateur ; il n’est non plus un juge ni un moralisateur. Il a cependant un devoir qui est d’éclairer l’opinion et le lecteur, de leur apporter des éléments de réponse à des questions d’actualité, ou non, qui relèvent de la vie publique, de la vie de la nation. Ses sources d’informations peuvent être de différentes formes, voire contradictoires, mais elles ne doivent pas être divulguées. Du moment qu’il estime que l’information est d’intérêt public et n’a aucun caractère diffamatoire – ce qui n’est pas le cas dans l’objet de réquisition- l’information mérite d’être connue du public. Le cas contraire est répréhensible (rétention d’informations) et contraire à la profession.

Quelle liberté ?

Grande a été notre stupéfaction le jour où notre rédaction a reçu une réquisition, visée par le Procureur de la République, émanant du service des Affaires Criminelles et Spéciales du Commandement de la Gendarmerie nationale du Toby Ratsimandrava, laquelle portant le N°187COM/4-DPJ/SACS en date du 03/09/11. L’officier signataire de ladite réquisition demande à notre rédaction de lui communiquer les identités, les adresses de ou des personnes ayant fourni ou déposé les copies des trois (3) documents sus cités. La date, l’heure ainsi que le lieu de la remise des documents.

Liberté vous dites ?

Il est inutile de préciser que la rédaction du Courrier n’a émis aucun commentaire lors de la publication de ces informations dans le respect du 3e devoir de la charte de Munich qui stipule que « Publier seulement les informations dont l’origine est connue ou les accompagner, si c’est nécessaire, des réserves qui s’imposent ; ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et les documents »:   ainsi que le 1er devoir : « Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître »

Le pays est actuellement en phase de tourner la page pour une vie meilleure pour ses citoyens. N’est-il pas aussi le moment propice pour le journalisme ? La communication qui tient un rôle très important dans le « vrai » développement ? Quoi qu’il en soit, ce n’est ni la première, ni la dernière fois qu’une rédaction est victime d’acte d’intimidations, comme nous le sommes. Chers confrères et consoeurs, certes nous n’avons que nos plumes mais nous ne nous tairons jamais, et ne nous laisserons pas intimidés, car notre métier est avant tout d’informer le peuple qui a le droit d’accéder à la vraie information !

Rien que la vérité, n’est-ce pas !

Source: Courrier de Madagascar

On a décidé de publier cet article sur notre blog en soutien aux amis journalistes de  Madagascar! Vive la liberté de la presse!

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